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mercredi, 24 décembre 2014 00:00

Alors Philippe, cap ou pas cap ;-)

Le tout a commencé en Septembre 2014 par un SMS de mon frère à son retour du 100km de Millau, disant qu'il s'est inscrit à la SaintéLyon et me proposant de la faire ensemble.
Je prends cela pour une blague au début, il sait que je ne cours plus depuis des années et que je ne fais que des activités ludiques d'entretien.
Mais non, il est sérieux.
Je regarde ce qu'est la SaintéLyon et lui demande à quoi il s'est inscrit. «Solo et 72 km».
Je n'ai jamais couru plus de 30 km, cela fait plus de 15 ans que je ne fais plus de compétition et que je ne cours plus pour un objectif.
Je regarde la date, puis le calendrier. Ouah, c'est dans à peine 8 semaines!!
Je pars courir pour un bilan personnel.
Ok, il y a du boulot, mais ça doit pouvoir le faire, ce n'est pas de l'Ultra et ce n'est pas en milieu difficile comme la montagne, bien au contraire.
Certificat médical en poche, CB à la main, je m'inscris pour le 72 km Solo.

Les séances s'enchaînent plus au feeling que suivant un plan.
D'ailleurs aucun ne convient, ils s'adressent à des coureurs déjà entraînés, cherchant un spécifique SaintéLyon, plutôt qu'à répondre à un défi.
Même cela ne me remet pas les pieds sur terre.

J'y crois.
Les séances s'enchaînent, les sensations reviennent peu à peu mais les semaines passent aussi et il va en manquer.

Je croise, rencontre de plus en plus de monde qui a fait ou connaît quelqu un qui a fait la SaintéLyon avec des anecdotes plus croustillantes les unes que les autres de chutes, galères etc..
Ah la nature humaine....

Je commence, non à regretter, mais à accepter que je n'aurai pas dû, que ce sera difficile.

Samedi 6 décembre, nos yeux sont rivés sur le ciel cherchant à deviner ce qui nous attend.
21h, il est temps d'y aller.
Pas trop de monde sur la route, un peu de pluie mais sans plus, nous arrivons au Parc Expo.
Ça y est , nous y sommes!
Je trouve un coin, déplie le matelas et c'est parti pour un som' avant le départ.

Le départ est proche, nous nous y rendons. Le temps est pas mal, pourvu que cela tienne, ce sera une chose de moins à gérer.
La première vague est partie, ce sera à nous dans peu de temps.
Ça y est, nous sommes partis.

Le début du parcours est rassurant, lumière, route large et chaleur de la ville.
Autour de nous ça chante, parle, rigole. Le rythme est cool.
Beaucoup de gens se mettent de côté pour enlever une couche de vêtement ou une pose naturelle.
Les supporters sont présents, les piégés de la circulation aussi, peut être moins heureux mais aimables tout de même
La route se rétrécit, l'horizon avant et arrière, est éclairé par les frontales des milliers de coureurs. C'est notre fête des lumières!
Nous quittons le confort relatif de la ville et ressentons déjà la fraîcheur de la campagne.
Tout se passe bien, pourvu que cela dure.
Quand le paysage est dégagé, on découvre le tracé bien en avance avec toutes ces lucioles en une ligne continue. C'est magnifique, magique.

Les montées ont fait leur office, les chants, les rires ont quasi disparu pour laisser place à un silence relatif , coupé par les supporters toujours présents, animant la course avec instruments, cloches et autres.
Les esprits sont tous intacts, pour combien de temps?
La boue est de plus en plus présente que ce soit en montée ou descente.
Si au début, tous étions timides à y entrer, pour la plupart nous ne réfléchissons plus et acceptons l'instabilité, la glisse, la lourdeur et le froid aux pieds pour toute la course.

Les chutes sont plus fréquentes, mon frère connaîtra la sienne sans gravité.
Nous sommes peu à apprécier les descentes boueuses, il faut savoir prendre les freins pour éviter les rencontres percutantes.
Le vent se joint à la fête pour que nous gardions les idées bien au frais.
Tout cela ralentit, fatigue mais nous avançons.

Le premier panneau m'apparaît (y avait il avant? Aucune idée). Il dit «Arrivée dans 45 km».
Mon esprit est assez clair pour faire la différence.
Ouah! Chaque prochain kilomètre sera un record de distance parcourue en courant.
Déjà ça, c'est fait!
Mais, il me reste un marathon à courir!
Je n'ai aucune notion de temps, ni de distance.
Pour la première fois de ma vie je cours sans chrono, montre ou GPS
Je ne me concentre que sur mes sensations.

Justement, la montée avant St Genoux (ça ne s'invente pas..) sera le début des premières alertes.
Sortir de la chaleur de la tente devient plus difficile, nous sommes à mi parcours.
Le sas des abandons est chargé.
La question m'effleure.
Nous repartons.
Les machines ont du mal à se mettre en route.
Pas la peine, une mono trace et c'est la queue.
Ouf, ,nous sommes à l'abri du vent dans le bois.
Superbe descente qui commence, dans le bois une fois le bouchon sauté.
On espérait en avoir fini avec la boue.
Mais non !
Soucieu en jarret (celui là non plus ne s'invente pas), avant dernier ravitaillement, le panneau «50km» me donne courage. Plus qu'un semi à faire.
Quelques étirements et nous repartons .
Mon corps se mettra en mode protection et ne quittera plus cet état.
Je savais que je n'aurai pas du.
La tête va bien et tout se concentre sur l'articulation qui ne plie plus.
Les muscles la protège, tout me dit qu'en restant à ce rythme ça passera.
Tout paraît long.
Le jour est quasi levé, toujours pas de ville en vue.
10km plus loin le dernier ravitaillement.
Je ne suis plus dans la course, mais à l'écoute de mon corps.
Je sais que je peux perdre beaucoup en continuant, mais je ne peux me résigner à m'arrêter.
1/4h plus tard nous reprenons la route.
Mon frère a compris qu'il valait mieux me laisser seul gérer et de continuer au rythme que son corps lui indique.
La fin est terrible, du bitume, des montées raides et des escaliers à descendre ou monter.
Je ne suis que dans la douleur .
De nouveaux supporters font leur apparition, leur gentillesse est touchante, tout comme leurs encouragements. Mais les «plus que X km» sont des épines qui s'enfoncent en moi et me donnent envie d'abandonner, de tout plaquer.
Je n'ai fait que 200m alors que j'ai l'impression de courir depuis 1h.
Je devrais être arrivé ou du moins voir l'arrivée. Mais rien de cela, des descentes, des escaliers.
Le pont Raymond Barre, la fin est proche , les jambes s'allègent, je vois mon frère 300m devant environ. Je fais l'effort pour le rattraper, double même, mais toujours les «plus que X km» s'enfoncent comme des épines.
Mon frère me cherche, nous nous retrouvons et passons la ligne.

Le bilan est globalement positif même si tout me confirme que je n' aurai pas du, que sur une course technique je me serai mis en danger.
Je n'ai pas à relater de croustillantes anecdotes. Est ce les conditions «idéales» comme je l'ai tellement entendu dire? Pourtant le ciel n'était pas dégagé, la lune ne nous éclairait pas, le vent n'était pas couché, les chemins n'étaient pas secs non plus, les températures pas clémentes. Nous n'avions pas les pires, mais comme pour le vin chaque année est un cru et nous ne pouvons que espérer ne pas avoir les pires.

Cette course, si elle n'est pas le St Graal de la course à pied, a le mérite d'être rassurante pour une première longue, pas de difficulté technique, une succession de montées et descentes demandant une préparation adaptée, jamais seul (19 personnes au 100m!!), une organisation rodée.
La nuit fait partie intégrante de la course et ne représente aucune difficulté. Cela ne serait certainement pas le cas si je courrais depuis le matin ou l'après midi ou si le terrain était technique. Là, le départ est donné de nuit, le corps l'aborde donc sans fatigue.

Merci donc à mon frère pour ce/ces moments et ainsi de m'avoir permis de rejoindre le JCV en octobre 2014.

Demain, donc 2015, je ne m'arrête pas.
Je serai présent les mercredis et dimanches avec le JCV pour préparer 2 courses sur les terres des origines de mon nom, la Lozère. D'abord un 25 km à côté de ce qui était la maison de mes grands parents , puis un 43 km sur le plateau de l'Aubrac chargé d'histoire et de souvenirs, mais aussi origine d'une vache aux yeux superbement maquillés.

Joyeuses Fêtes de Fin d'Année à toutes et tous.

Philippe

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